REPRENDRE UNE ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE PENDANT LA MALADIE

Cancer et vie professionnelle

Découvrez le témoignage de Florence mettant en lumière les enjeux du quotidien professionnel face au cancer.
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Continuer à travailler avec un cancer est une possibilité pour certains patients. Si la médecine le permet, le monde du travail reste peu préparé à leur retour. Découvrez les obstacles auxquels a été confrontée Florence et les solutions qu'elle a dû mettre en œuvre pour pouvoir continuer à travailler avec un cancer métastatique

Bonjour, je m'appelle Florence, j'ai 57 ans et je suis enseignante à mi-temps.

On m'a diagnostiqué un cancer du poumon métastatique en mai 2024.

On voit plus la vie de la même façon quand on nous annonce qu'on a un cancer incurable. Du coup, on se rend compte que la vie est limitée. Et voilà, c'était un pour moi une sidération parce que j'étais non fumeuse donc je pensais pas du tout avoir un cancer du poumon.

Donc à l'annonce du cancer, j'ai été mis en arrêt et je suis restée en fait arrêté 6 mois.

L'oncologue m'a expliqué que je pourrais avoir une thérapie ciblée qui me permettrait d'avoir une vie à peu près normale et de pouvoir reprendre la classe dès la rentrée.

Par contre, ça a été plus compliqué avec l'éducation nationale.

On m'a demandé de me mettre en congé longue maladie. Sauf que ça doit passer par une commission qui ne se réunit pas souvent. L'annonce a été faite en mai. La commission s'est réunie fin septembre. Donc je ne pouvais pas demander une reprise tant qu'ils n'avaient pas entériné mon congé longue maladie.

Quand la commission a entériné mon congé longue maladie, ils ne l’ont pas entériné pour 3 mois mais pour un an renouvelable. Donc je n'avais plus le droit de travailler. Donc j'ai dû faire un recours pour pouvoir travailler.

Mon oncologue était tout à fait d'accord. Après, elle m'a fait voilà une lettre pour que je puisse reprendre le travail et j'ai dû rencontrer un médecin expert. Je l'ai vu au bout de 2 mois et il a fait son rapport et on m'a appelé et on m'a dit "Vous reprenez dans 2 jours. "Quand on m'annonce que je reprends dans 2 jours, il y a un mélange de d'émotions. A la fois, je suis je suis très contente de pouvoir reprendre et en même temps, c'est très précipité.

Les premiers jours de reprise, ça a été beaucoup d'émotions. Déjà quand je suis arrivée quand je suis arrivée dans ma classe, j'ai vraiment été accueillie par les parents, par mes élèves de l'année précédente qui sont tous venus me faire des câlins, certains m'apporter des petits cadeaux. C'était très émouvant.

Après, j'ai été très fatiguée à la fin de la journée et un petit peu submergé par tout le travail qu'il y avait à faire. Le mi-temps thérapeutique, ça ne dure qu'un an, même quand on a un cancer métastatique. En fait, au bout d'un an, moi je n’étais toujours pas capable de reprendre à temps plein. Donc au dernier renouvellement, j'ai fait une demande de reconnaissance de travailleur handicapé - RQTH - pour pouvoir continuer à mi-temps.

J'ai fait la demande de reconnaissance de travailleur handicapé en septembre pour pouvoir en bénéficier à l'issue de mon mi-temps thérapeutique. C'est le médecin traitant qui intervient pour la reconnaissance de travailleur handicapé, pour la demande de RQTH. C'est lui qui remplit le certificat médical.

Je travaille maintenant sur des demi-journées, mais je ne sais pas jusqu'à quand. On m'a parlé de d'éventuellement une mise en inaptitude puisque je ne peux plus faire des journées complètes.

Le fait de vouloir retravailler pour moi, c'est à la fois parce que j'aime mon travail, parce que ça m'occupe l'esprit, ça me permet d'être dans la vie comme tout le monde aussi. Voilà, d'avoir une vie sociale normale entre guillemets.

Et par contre, financièrement, à la suite du mi-temps thérapeutique, le mi-temps avec la RQTH, je n'ai qu'un demi-salaire. Donc ça impacte, ça a quand même un gros impact.

Si je suis mise en inaptitude, je pense que je ne chercherai pas un autre travail, mais je ferai du bénévolat. Déjà, je fais partie de plusieurs associations, l'association « Patients en réseau », mais une association sportive aussi où je suis très impliquée et pourquoi pas une association de soutien scolaire pour rester dans mon métier.

Alors pour conclure, le monde du travail a encore du mal à voir qu'on peut travailler avec un cancer métastatique. Et en fait, je trouve que, pour ce que je connais moi du monde du travail, c'est soit on est guéri et on retravaille, soit on est en traitement et on ne travaille pas. Et avec les nouveaux traitements, ça permet, même avec un cancer métastatique qui n'est qui n'est pas guéri, qui n'est pas en rémission, de pouvoir travailler et ça le monde du travail n'en est pas conscient alors que le monde médical en est tout à fait conscient.