Activité physique adaptée

Un témoignage pour découvrir comment adapter l’activité physique à son rythme et préserver son bien-être au quotidien.

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Un témoignage pour découvrir comment adapter l’activité physique à son rythme et préserver son bien-être au quotidien.

Intro : Le sport a toujours eu une place centrale dans ma vie. Mon truc, c’était la randonnée, les treks... J’avais ce besoin de partir longtemps, de marcher des heures. J’aimais quand la pente devenait raide, quand le souffle s’accélère. J'avais besoin de sentir mes muscles travailler, de sentir l'effort physique... C'est ce qui me faisait me sentir vraiment vivant. C’était ma façon de me prouver que mon corps était solide, capable d’aller toujours un peu plus loin. Et puis, à un moment, j'ai commencé à ressentir une fatigue différente. C'était quelque chose d’inhabituel, qui s'installait et qui restait, sans que je comprenne pourquoi. Je me disais que c'était passager, mais ça durait. Et puis le diagnostic est tombé : cancer colorectal.
Là, j'ai enfin compris d'où venait cet épuisement. Ce n'était pas une illusion, c'était la maladie. Dans ma tête, l’envie était toujours là, mais mon corps ne suivait plus.
C’est là qu'on commence à se poser beaucoup de questions. Est-ce que je suis encore capable de bouger ? Est-ce que je dois tout mettre de côté ou au contraire, essayer d'accepter ce nouveau rythme ?

Vidéo 1A : Pendant les traitements, j’ai vraiment essayé de continuer "comme avant". Ce n'était pas forcément par entêtement, mais... je crois que c'était un réflexe. Le sport faisait partie de mon identité. Alors, arrêter, c’était un peu comme admettre que la maladie avait gagné et que quelque chose avait vraiment changé en moi.
Mais la réalité m'a vite rattrapé. Je me suis heurté à mes limites. J’avais moins de souffle, moins d’endurance... Le plus dur, c’est qu'à chaque sortie, sans m’en rendre compte, je me comparais à la personne que j’étais avant. Je n'arrivais plus à voir le positif : j’étais juste bloqué sur mes échecs et le manque de performance.
Petit à petit, le sport a changé de place dans ma vie. Ce qui me faisait du bien avant devenait source de frustration. Je ne retrouvais plus le plaisir que j’y associais. C’est à ce moment-là que j’ai compris une chose importante : la question n'est pas de savoir si le sport
a encore sa place, mais plutôt de trouver comment lui en donner une nouvelle.

Vidéo 1B : Pendant les traitements, on peut avoir l’impression que le sport n’a plus vraiment de place. Et je pense que c’est une impression assez compréhensible : quand le corps change et que la fatigue devient permanente, on se dit naturellement que ce n’est plus le moment. Pourtant, dans mon cas, ce n’était pas un manque d’envie. Ce qui m’a surtout arrêté, c’est le décalage entre ce que j’avais en tête et ce que mon corps était réellement capable de faire. J’ai quand même essayé. Mais très vite, je me suis confronté à mes limites. Moins de souffle. Moins d’endurance.
Petit à petit, le sport a changé de place dans ma vie. Ce qui me faisait du bien avant devenait source de frustration. Je ne retrouvais plus le plaisir que j’y associais. C’est à ce moment-là que j’ai compris une chose importante : la question n'est pas de savoir si le sport
a encore sa place, mais plutôt de trouver comment lui en donner une nouvelle.

Vidéo 2A : À un moment donné, j’ai dû me rendre à l’évidence : essayer de tout gérer seul, ce n’était pas forcément la meilleure stratégie... Par exemple, j’avais commencé le vélo elliptique à la maison, mais j’ai très vite dû arrêter car c’était trop difficile pour mes jambes.
Ce qu’il me fallait, c’était un cadre. J’avais besoin de comprendre ce que je pouvais encore faire... et surtout, de quelle manière le faire.

Parce que, mine de rien, j'avais pas mal de craintes en tête. J'avais peur de trop en faire, de me blesser, ou même d'aggraver cette fatigue qui était déjà bien présente. Le fait d’être accompagné m’a permis de poser les questions que j’avais, sans filtre et sans me sentir jugé. J’ai commencé au centre, 2 fois par semaine, des modules d’Activité Physique Adaptée. On a commencé par le début : l’adaptation. On a revu les mouvements, l'intensité, le temps qu'on y passait... Mais le plus gros travail, ça a été d'apprendre à écouter mon corps. Et je ne parle pas de celui que j'avais il y a deux ans, mais de celui d'aujourd'hui, tel qu'il est.
À ce moment-là, j’ai compris que reprendre une activité ne voulait pas dire revenir à ce que je faisais avant. Ça voulait dire trouver une façon de bouger qui respecte ma situation... et qui me redonne un peu de confiance.

Vidéo 2B : Le vrai déclic a été de comprendre qu'il fallait que je me mette à l’écoute de mon corps. C'est particulier, parce que mon énergie faisait un peu les montagnes russes : ça changeait d’un jour à l’autre, et parfois, pour être honnête, d'une heure à l'autre.
Le souci, c’est que quand on est seul face à ça, on tâtonne. On ne sait pas trop où placer le curseur : qu’est-ce qui me fait du bien ? Qu'est-ce qui me fatigue encore plus ? Par exemple, j’avais commencé le vélo elliptique à la maison, mais j’ai très vite dû arrêter car c’était trop difficile pour mes jambes. J’avais besoin de repères, de limites qui soient claires pour me rassurer. C’est là que le corps médical est intervenu. On m’a parlé de l’APA, l’Activité Physique Adaptée. Et ce qui m'a plu tout de suite, c'est que l'idée n'était pas de me "pousser" ou de me faire transpirer à tout prix. C'était de m'aider à trouver des mouvements et des rythmes qui respectaient mon énergie du moment.
À ce moment-là, j’ai compris que reprendre une activité ne voulait pas dire revenir à ce que je faisais avant. Ça voulait dire trouver une façon de bouger qui respecte ma situation... et qui me redonne un peu de confiance.

Vidéo 3A : Je comprends tout à fait. On a parfois besoin de ce cocon où l'on maîtrise tout. Chez soi, à l'abri des regards, pas besoin de se justifier si on s'arrête. C’est dans ce confort que j’ai créé mon "sport-papotage" : deux fois par semaine, je retrouve mon meilleur ami en visio. On est chacun sur son tapis de marche, on discute de tout et de rien... Si je fatigue, je ralentis. L'avantage, c'est que je peux m'arrêter instantanément pour me reposer. Ça m'a permis de reprendre confiance, sans aucune pression.
Mais j’ai aussi eu besoin de tester de nouvelles choses, comme le yoga. Au début, mon imagination tournait à plein régime : avec ma stomie, je redoutais le moindre bruit ou la gêne des autres. Finalement, les gens étaient bien trop occupés par leurs postures pour
s'intéresser à la mienne ! Et les jours où je suis trop fatigué pour un cours, je m'autorise simplement à être dehors, assis sur un banc pour sentir le soleil. Pour désamorcer tout ça, j’ai trouvé une astuce : j’ai donné un prénom à ma stomie. Je l’ai appelée "Robert". Ça
m’aide énormément à décentrer le problème et à en parler avec humour à mes proches. En apprenant à cohabiter avec "elle", j'ai surtout appris à être plus indulgent avec moi-même. Ce que j’ai vraiment appris, c’est que le lieu importe peu. L’essentiel, c’est que l’activité s’adapte à mon énergie, et pas l’inverse. J'apprends enfin à ne plus culpabiliser les jours où je fais moins que prévu. L'acceptation, c'est comme le sport : ça demande aussi un peu d'entraînement.

Vidéo 3B : Je suis bien d’accord. Après les traitements, on a juste besoin de changer d'air et de sortir un peu de chez soi. Pour moi, c’est ça qui fait du bien : être dehors, ne plus être enfermé et retrouver un peu d’espace. J’ai même osé tester le yoga en groupe. Mais je vous avoue qu'au début, mon imagination tournait à plein régime : avec ma stomie, je redoutais le moindre bruit ou la gêne des autres. Pour désamorcer tout ça, j’ai trouvé une astuce qui peut paraître surprenante : j’ai donné un prénom à ma stomie. Je l’ai appelée "Robert". Ça m’aide énormément à décentrer le problème et à en parler avec humour. Finalement, les gens au yoga étaient bien trop occupés par leurs propres postures pour s'intéresser à la mienne ! En apprenant à cohabiter avec "elle", j'ai surtout appris à être plus indulgent avec moi-même. Alors, les jours où je suis trop fatigué pour un cours, je m'autorise simplement à rester dehors, assis sur un banc pour prendre le soleil.
Et pour garder le rythme quand je n'ai pas la force de sortir, je reste dans mon cocon, chez moi, avec mon "sport-papotage" en visio avec mon meilleur ami. Si je fatigue, je ralentis, et je peux m'arrêter quand je veux. Ce que j’ai vraiment appris, c’est que le lieu importe peu. L’essentiel, c’est que l’activité s’adapte à mon énergie, et pas l’inverse. J'apprends enfin à ne plus culpabiliser les jours où je fais moins que prévu. L'acceptation, c'est comme le sport : ça demande aussi un peu d'entraînement.

Conclusion : Avec le temps, je me suis rendu compte que bouger, même différemment, m’apportait quand même beaucoup. Mentalement, déjà. Ça m’aide à me sentir mieux. À me vider un peu la tête. J’ai aussi remarqué des choses très concrètes. L’appétit qui revient plus facilement. Le corps qui se remet doucement en mouvement. Et puis le lien avec les autres.
Marcher avec quelqu’un. Partager un moment. Même simple. Aujourd’hui, j’ai accepté que ma relation au sport ait changé. Je ne fais plus comme avant. Et ce n’est pas un échec.
C’est juste différent. Pour moi, le sport, aujourd’hui, ce n’est plus la performance. C’est une façon de prendre soin de moi. De respecter mon corps. Et de continuer à avancer, à mon rythme.